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Désinformation en ligne en période électorale: l'OIDH livre les résultats de sa deuxième période d'observation
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A l'instar de la phase de la révision de la liste électorale, l'OIDH a observé la seconde phase du processus électoral qui se rapporte à la collecte d...
Déclaration: L'OIDH demande la libération de Pulchérie GBALET et de ses collaborateurs
Activiste des droits de l'homme, Présidente de l'ONG Alternative Citoyenne Ivoirienne , Pulchérie Edith Gbalet est détenue, avec plusieurs de ses coll...
Elections apaisées dans environnement sans Covid-19 : l'OIDH en mission à Abidjan, Duekoué et Guiglo
L'OIDH a effectué une mission d'une semaine dans les villes d'Abidjan, de Duekoué et de Guiglo afin de sensibiliser les populations au respect des mes...
Désinformation en ligne en période électorale: l'OIDH présente les premiers résultats de ses observations
L'Observatoire Ivoirien des Droits de l'Homme (OIDH) a tenu le vendredi 24 Août 2020, un point de presse sur les premiers résultats de son observation...
Profusion de Fake news en Côte d'Ivoire: l'OIDH et le NDI lancent un projet de lutte contre la désinformation en ligne en période électorale

 L'Observatoire Ivoirien des Droits de l'Homme (OIDH) a tenu le vendredi 24 Août 2020, un point de presse sur les premiers résultats de son observation relatifs à la désinformation en ligne en période en pérode électorale. Ce point de presse s’inscrit dans le cadre de l’initiative dénommée Projet de monitoring de la désinformation en ligne en période électorale mis en oeuvre par l'organisation avec l’appui financier du National Endowment for Democracy (NED) et le soutien technique du National Democratic Institute (NDI).

Entamé depuis le 1er juin 2020, ce projet vise à atténuer l’impact des fausses informations sur le processus électoral de 2020. En effet, avec l’assistance technique d’une structure d’analyse de données recueillies en ligne, ce sont près de 237 comptes, pages et groupes de discussions qui ont été répertoriés (dont 129 sont actifs), qui sont monitorés et dont les interactions ont été analysées. Ces plateformes dont certaines sont administrées depuis l’extérieur de la Côte d’Ivoire ont été classées selon qu’elles sont généralistes c’est-à-dire non affiliées à des obédiences politiques, d’autres partisanes en ce qu’elles sont affiliées à un parti politique ou partagent des contenus essentiellement partisans, puis des plateformes identifiées comme hyper-partisanes et qui partagent régulièrement des contenus faux ou de la désinformation. Au terme de cette première phase d’observation, couvrant la période du 1er juin au 16 août 2020, l’OIDH a observé une profusion de fausses informations dont trente-deux (32) ont été l’objet d’une analyse en raison de leur caractère viral, et de l’impact négatif qu’ils étaient susceptibles d’avoir sur la vie socio-politique et surtout sur le processus électoral de 2020.

1- CONSTATS RELEVES A L’ISSUE DU MONITORING COUVRANT LA PERIODE DU 1ER JUIN AU 16 AOUT 2020

A l’issue de cette première phase d’observation, l’OIDH a fait plusieurs constats.

 Divers procédés au moyen desquels des fausses informations ont été diffusées sur les réseaux sociaux afin de manipuler l’opinion ou porter préjudice à certains acteurs de la scène politique ont été relevés ;

 L’OIDH a relevé des informations erronées relatives à des allégations de fraude portées contre le parti au pouvoir (RHDP) ou certains de ses cadres lors de la phase de l’opération de Révision de la Liste électorale (RLE) ; Ces allégations ont contribué à renforcer les suspicions d’une partie des populations ivoiriennes au sujet de la crédibilité de la CEI et de la transparence de l’opération de révision de la liste électorale. Elles peuvent être de nature à préparer les populations à d’éventuelles contestations des résultats ;

 L’OIDH a également observé des publications (textes ou vidéos) dont les contenus ont été purement inventés, manipulés ou sortis de leurs contextes initiaux et délibérément attribués à des acteurs politiques de premier plan qui sont soit en rupture de ban avec le pouvoir en place, ou à des personnalités proches du pouvoir. Ce procédé de désinformation, dans certains cas de figure, a contribué à accentuer ou exacerber les tensions sociales ;

 L’OIDH a également observé des procédés de désinformation caractérisés par la diffusion de documents falsifiés présentés comme authentiques et prêtés à des représentations diplomatiques qui se seraient prononcés sur le contexte socio-politique actuel ;

 L’OIDH a observé des publications marquées d’invectives sexistes indécentes et une campagne visant à porter atteinte à la dignité et à la réputation de certaines figures politiques féminines ivoiriennes proches de l’opposition mais aussi issues du parti au pouvoir notamment Mmes Yasmina Ouegnin, Nathalie Yamb, Marie Odette Lorougnon, Affoussiata Bamba Lamine d’une part et Raymonde Goudou Koffi, Myss Belmonde Godo et Anne Oulotto d’autre part ;

 L’OIDH a également relevé des publications (textes et vidéos) appelant implicitement ou explicitement à la violence, à la haine ou à des affrontements intercommunautaires ou à des représailles à la suite des violences qui ont émaillé les manifestations éclatées de l’opposition et de certaines organisations de la Société civile. Ces informations erronées ont pour beaucoup contribué à détériorer le climat social et sécuritaire dans les localités de Gagnoa et Daoukro en y alimentant les violences intercommunautaires opposant les autochtones Bété et Baoulés (supposées proches de l’opposition) aux communautés issues majoritairement des régions septentrionales du pays (supposées favorables au parti au pouvoir).

 L’OIDH regrette que des comptes, pages et fora affiliés à des obédiences politiques, animés pour certains depuis l’extérieur de la Côte d’Ivoire, soient de potentiels pourvoyeurs de fausses informations et dont les publications sont de nature cristalliser le climat socio-politique et à exacerber les tensions sociales ;

2- PRINCIPALES TENDANCES DE LA DESINFORMATION OBSERVEES

L’OIDH s’est focalisée sur 32 cas de désinformation en ligne en raison de l’impact qu’ils sont susceptibles d’avoir sur la situation socio-politique et le processus électoral. - Les contenustotalement faux qui ont été inventés ou montés de toutes pièces en vue de tromper l’opinion ou de causer du tort. Ils représentent 51% des cas de désinformation observés (par exemple le faux Tweet attribué au président français) - Informations ou images vraies mais qui ont été falsifiées dans le but de nuire à certains protagonistes de la scène politique. Cette tendance représente 13,8% des cas de désinformation étudiés (par ex Photo manipulée d’Affoussiata Bamba Lamine enceinte) - Information vraie ou une image authentique utilisées dans un contexte erroné représentant 27,58% des cas de désinformation analysés (images de manifestants saluant la rumeur de la libération de Laurent Gbagbo prêtées aux récentes marches éclatées à Yopougon) - Fausse information dont le contenu imite de véritables sources d’information représentant 6,90% des cas de désinformation analysés (documents falsifiés abordant la situation socio-politique attribués à l’UE ou encore aux USA) Au regard de ces différents constats et tendances observés, et dans la perspective d’atténuer la désinformation en ligne liée au processus électoral et à la vie politique, l’OIDH fait plusieurs recommandations.

                                             stat désinformation_oidh.png

                                                 Statistique des tendances de désinformation les plus employées

3- RECOMMANDATIONS

AU GOUVERNEMENT

 Maintenir le dialogue politique avec l’ensemble des parties prenantes au processus électoral afin de lever les écueils et défis liés à ce processus  Envisager des mesures répressives afin de protéger les femmes engagées en politique et qui pourraient être la cible de campagnes de désinformation humiliantes ou portant atteinte à leur dignité ou leur réputation sur les réseaux sociaux ;

 Garantir un accès équitable des médias publics à l’ensemble des sensibilités politiques du pays ;

 AUX ACTEURS POLITIQUES

 S’abstenir des discours et actes susceptibles de fragiliser la cohésion sociale ou détériorer le climat socio-politique ;

 Prendre des mesures nécessaires pour éviter la propagation ou la diffusion de fausses informations sensibles par des pages ou comptes relevant de leur responsabilité ;

 Sensibiliser et former leurs militants et abonnés (followers) sur les bonnes pratiques démocratiques et sur une culture démocratique sensible au concept du genre ;

A LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE (CEI)

 Communiquer davantage sur la conduite des différentes étapes du processus électoral afin de rassurer l’ensemble des populations sur la transparence du processus qu’elle conduit ;

AUX ADMINISTRATEURS DES PLATEFORMES OU FORA DE DISCUSSION A CARACTERE POLITIQUE ET DES PAGES DE PROXIMITE 

 Prioriser les contenus sourcés ;

 Elaborer une charte commune incluant des sanctions contre les membres de leur fora qui publient des discours haineux, xénophobes, sexistes ou les fausses informations de nature à troubler l’ordre public ;

 Veiller scrupuleusement à une modération rigoureuse des contenus publiés sur les fora de discussion à l’effet d’identifier et de censurer les publications incitant à la violence, à la haine, à la xénophobie ou de nature à troubler l’ordre public ;

 Sensibiliser régulièrement les membres de leurs groupes ou fora sur les dispositions légales réprimant la diffusion de fausses nouvelles ;

 AUX ACTEURS DES MEDIAS PUBLICS ET DES SITES D’INFORMATION EN LIGNE

 Couvrir l’actualité socio-politique et électorale en observant scrupuleusement les principes, les règles déontologiques et éthiques régissant la fonction journalistique ;

 Contribuer au renforcement de la cohésion sociale et à un climat électoral apaisé ;

 Contribuer à la formation et l’éducation des populations à la culture démocratique et à la paix ;

 AUX ACTEURS DE LA SOCIETE CIVILE

 Promouvoir l’éducation aux médias et à l’information ;

 Contribuer à l’éducation des usagers des réseaux sociaux en les sensibilisant aux méfaits de la désinformation électorale et à la culture démocratique ;

 Créer des tribunes d’échanges citoyens sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les usagers à la culture démocratique et la paix ;

 Créer une synergie d’action entre les acteurs de la Société civile travaillant sur la problématique de l’impact de la désinformation et des discours de haine sur le processus électoral ;

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