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Désinformation en ligne en période électorale: l'OIDH livre les résultats de sa deuxième période d'observation
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Déclaration: L'OIDH demande la libération de Pulchérie GBALET et de ses collaborateurs
Activiste des droits de l'homme, Présidente de l'ONG Alternative Citoyenne Ivoirienne , Pulchérie Edith Gbalet est détenue, avec plusieurs de ses coll...
Elections apaisées dans environnement sans Covid-19 : l'OIDH en mission à Abidjan, Duekoué et Guiglo
L'OIDH a effectué une mission d'une semaine dans les villes d'Abidjan, de Duekoué et de Guiglo afin de sensibiliser les populations au respect des mes...
Désinformation en ligne en période électorale: l'OIDH présente les premiers résultats de ses observations
L'Observatoire Ivoirien des Droits de l'Homme (OIDH) a tenu le vendredi 24 Août 2020, un point de presse sur les premiers résultats de son observation...
Profusion de Fake news en Côte d'Ivoire: l'OIDH et le NDI lancent un projet de lutte contre la désinformation en ligne en période électorale

L'OIDH met en œuvre avec l'appui financier du National Endowment for Democracy (NED) et le soutien technique du National Democratic Institute (NDI), un projet dénommé: “Projet de lutte contre la désinformation en ligne en période électorale”. Entamé depuis le 1er juin 2020, il s'étendra sur huit (8) mois. Ce projet vise à atténuer les effets des fausses informations sur le processus électoral de 2020 et consiste à monitorer les réseaux sociaux notamment Facebook afin d'identifier les cas de désinformations.

 A l'instar de la phase de la révision de la liste électorale, l'OIDH a observé la seconde phase du processus électoral qui se rapporte à la collecte des parrainages suivi du dépôt et de la validation des candidatures. Cette période d'observation a révélé une persistance de profusion de fausses informations dont le point culminant est intervenu après la décision du conseil constitutionnel.

 Ce sont au total, quarante-trois (43) cas de désinformation qui ont été identifiés par l'équipe de veille de l'OIDH au cours de cette période d'observation.

 Ces désinformations pour la plupart, ont eu ou étaient susceptibles d'avoir un impact sur la vie socio-politique, particulièrement sur le bon déroulement du processus électoral de 2020.

LES TENDANCES RELEVÉES À L'ISSUE DU MONITORING COUVRANT LA PÉRIODE DU 17 AOÛT AU 11 OCTOBRE 2020

Au terme de cette deuxième période d'observation, les principales tendances ou variables de désinformation relevées par l'OIDH au cours du monitoring des réseaux sociaux donnent la primeur aux contenus inventés ou montés de toutes pièces en vue de tromper l'opinion ou de causer du tort. Ces contenus fabriqués qui représentent 45 % des cas de désinformation observés ont consisté, pour la plupart, à diffuser des rumeurs infondées et à attribuer des propos mensongers à des personnalités politiques. Au nombre des exemples y afférent, l'on peut citer la fausse déclaration attribuée à M. Francis Wodié le 16 septembre 2020 à la suite de la décision du conseil constitutionnel et la rumeur relative à la remise de passeport des sieurs Laurent Gbagbo et Blé Goudé par la Cour Pénale Internationale le 01 octobre dernier.

La deuxième tendance de désinformation observée se rapporte à certains propos ou contenus qui ont été manipulés afin de tromper l'opinion ou de nuire. Cette tendance a représenté 23 % des cas de désinformation identifiés. Dans le cadre de cette tendance de désinformation, l'OIDH a observé des contenus manipulés relatif au nombre total de parrainages citoyens collectés par certains partis politiques.

La troisième tendance de désinformation observée par l'équipe de veille de l'OIDH a eu comme procédé, l'utilisation d'images authentiques dans un contexte erroné. Cette tendance qui représente 18 % des cas de désinformation identifiés a été observée notamment lors de la récente visite du Président de République M. Alassane Ouattara à son homologue français M. Emmanuel Macron à Paris. Les images prêtées à cette rencontre dataient pour certaines d'avril 2018. A ce cas s'ajoute les images contextuellement erronées attribuées aux manifestations déroulées le 15 Septembre 2020 dans certaines villes de l'intérieur contre la décision du Conseil Constitutionnel (comme ce fut le cas de la ville de Bonoua et Guiglo).

La quatrième tendance observée, qui elle, représente 9 % des cas de désinformations concerne la diffusion de fausses informations dont le contenu imite de véritables sources d'informations. Relativement à cette variante de désinformations, l'équipe de monitoring de l'OIDH a identifié, à la veille de l'investiture du candidat du RHDP, un faux communiqué annonçant le report de ladite cérémonie.

De même, des visuels contrefaits de flash d'informations, portant les signes et symboles distinctifs de certains médias en ligne annonçant le report de la tenue du meeting de l'opposition, ont été identifié par l'OIDH, le 09 octobre dernier.

Enfin, la cinquième tendance observée a porté sur le cas des articles ou publications dont le contenu ne corrobore pas le titre. Relativement à cette variante de désinformation, l'OIDH a identifié un article d'un média en ligne dont le titre annonçait le retrait de la candidature de M. Guillaume Soro de la présidentielle d'octobre 2020. Le titre proposé par la rédaction de ce média ne corroborait pas le contenu de l'article créant ainsi un écart et prêtant à confusion. Cette tendance représente 5% des cas observés.

LES CONSTATS RELEVÉS À L'ISSUE DU MONITORING COUVRANT LA PÉRIODE DU 17 AOÛT AU 11 OCTOBRE 2020

Au terme de la deuxième période d'observation, l'OIDH a fait les constats suivants :

• Plusieurs cas de désinformations observés provenaient de certains flashs d'informations diffusés par des pages Facebook.

 • Des propos sexistes dont l'objectif était de porter atteinte à la dignité, à la réputation ou à l'engagement politique de certaines figures féminines ivoiriennes ont visé la Première Dame Dominique Ouattara, La Ministre Belmonde Godo et la candidate à l'élection présidentielle Marie Carine Bladi epse Davidson ;

 • Des discours de haine dont les contenus se rapportaient à des propos identitaires tendaient à remettre en cause la nationalité ivoirienne de certaines personnalités politiques dont Messieurs Mamadou Touré, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ;

 • Une profusion de rhétoriques belliqueuses et d'injurieuses graves a été employé par certains acteurs politiques dans le but d'infantiliser, d'humilier, ou de discréditer leurs adversaires.

 Les différentes tendances de désinformations identifiées dans le cadre de cette deuxième période d'observation confirment la constance et la capacité de nuisance des fausses informations sur le processus électoral et la stabilité du pays. Le constat de la prolifération exponentielle de ces fausses informations suscite des inquiétudes à la veille des campagnes électorales, période qui, par excellence, voit circuler un plus grand flux d'informations. Ainsi, il paraît évident qu'en cette phase du processus, les usagers des réseaux sociaux, peu éduquer à l'identification des fausses informations, ne soient pas assez outiller à distinguer le vrai de l'ivraie. Les fausses informations de plus en plus virales pourraient, dans ce cas, perturber les campagnes, exacerber les tensions et éroder la stabilité du pays.

En outres, la subtilité et le choix des procédés employés par les auteurs de ces désinformations démontrent leur ingéniosité et leur maîtrise à la fois du jeu politique mais aussi des acteurs qui le composent. Cette situation pose alors avec acuité la question de la célérité des poursuites pénales en matière de répression de fausses nouvelles afin de réduire la profusion des fausses informations et garantir l'intégrité du processus.

Par ailleurs, la persistance des rhétoriques belliqueuses, des discours de haine et des injures employés parfois même, par certains acteurs politiques, contribuent à cristalliser le climat déjà délétère et laisse planer une escalade de violence lors de la phase des campagnes électorales.

 

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