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AFFAIRE Ministère Public c/Amade WIRMI Alias Amadé OUREMI: Amadé OUREMI revèle ne pas être l'unique responsable des massacres de Duekoué
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Violation des droits humains en Côte d'Ivoire: L'OIDH sensibilise sur les violences électorales
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Ouvert le mercredi 24 mars 2021 devant le tribunal criminel d’Abidjan Plateau, le procès de M. AMADE Ouremi s’est poursuivi ce jeudi 25 mars 2021 avec le passage des témoins de l’accusation. Ce sont au total 11 témoins, tous originaires de la région du Guémon (Duékoué), qui se sont succédés à la barre. 

Appelés pour décliner leur identité avant l’interrogatoire à proprement dit, les  témoins composés de victimes et de parents de victimes ont signifié au Juge Président Bini Charles qu’ils ne reconnaissaient aucunement le Conseil d’avocats qui s'était présenté à eux la veille de l’audience. A l’entame de l’interrogatoire, le Juge Président a demandé aux témoins de procéder à  l’identification de l’accusé. Lesquels l’ont unanimement identifié et ont soutenu l’avoir reconnu avant la survenance des crimes. Certains l’ont décrit comme étant un mécanicien de vélo qui s’est par la suite mué en un puissant chef de guerre. Tandis que d’autres, qui ne l’ont jamais côtoyé ni même vu, ont déclaré que le nom de l’accusé leur est parvenu par ouï-dire.

Poursuivant, le Juge Président a posé la question de savoir si l’accusé était connu au moment des faits. La réponse des témoins à cette question a été sans équivoque. Selon leur témoignage, M. Ouremi serait le responsable des 817 personnes tuées du 28 au 29 Mars 2011, des 420 maisons brûlées et pillées, des filles  enlevées puis violées. Il aurait établi sa base dans la forêt classée du mont Péko d’où, avec l’aide de ses troupes, il se serait rendu coupable de massacres. Ceux-ci se distinguaient généralement par leurs tenues vestimentaires bigarrées (haut treillis, pantalon dozos et des sandales communément appelés « lèkè ») et leur langage qui s’apparentait au moré, au malinké, mais aussi au français avec un accent burkinabè.

A la suite des témoins, ce fut au tour de l’accusé de se prononcer sur les faits qui lui sont reprochés. Ce dernier a réfuté toutes ces accusations en arguant qu’il serait connu de tous seulement parce qu’il réside dans cette région depuis 1986 avec ses six épouses. Poursuivant, il a révélé qu’il ne serait pas l’unique responsable des exactions vu qu’il recevait les ordres de son supérieur hiérarchique, le Commandant Losseni Fofana dit « Loss », dont il a cité à maintes reprises le nom. A l’en croire, ce dernier lui aurait intimé l’ordre de défendre les habitants du quartier Carrefour et environ de Duékoué, par tous moyens mais également de chasser les miliciens libériens qui auraient érigé des barrages d’auto-défense.

Toutefois, il a admis avoir été sur les lieux des tueries en tant que simple élément du groupe et avoir agi dans le cadre de la légitime défense. 

Les témoins se sont constitués par la suite partie civile et ont réclamé chacune à titre de dommages et intérêts un montant allant de 300.000 frs CFA à 50 millions de frs CFA. 

La séance a pris fin à 20h15 et a été renvoyée au Mercredi 31 Mars 2021 à 13 heures. 

L’OIDH félicite le gouvernement pour  sa quête de justice en faveur des victimes des crimes commis à Duékoué en 2011. 

Cependant, l’OIDH a constaté qu’aussi bien l’accusé que les témoins ne s’exprimaient pas suffisamment en français. Il serait souhaitable, conformément aux articles 279 et 332 du code de procédure pénale, que les parties au procès soient assistées d’interprètes pour la manifestation de la vérité.   

L’OIDH exhorte, par ailleurs, le Ministère de la Justice à beaucoup plus de célérité dans la préparation des témoins et victimes à la déposition, car il ressort des observations non seulement, que ceux-ci n’ont pas été suffisamment préparés pour l’audience mais aussi ne bénéficient d’aucune mesure de protection et donc peuvent être victimes de représailles. 

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