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Ce mercredi 07 Avril 2021, au procès de l'ancien chef de milice Amadé Ouérémi, a comparu un témoin clé de l’accusation.

Pour rappel, Amadé Ouérémi est un puissant chef de guerre âgé de 57 ans. Ce dernier comparaît depuis le 24 mars devant la cour d'assises d'Abidjan car inculpé pour 24 chefs d’accusation, notamment pour des tueries perpétrées du 28 au 29 mars 2011 dans le quartier Carrefour de Duékoué, où 817 personnes furent exécutées en une journée, selon la Croix-Rouge et 300 selon l'ONU. Si sa responsabilité est établie dans ces évènements, il encourt la prison à perpétuité.

Le procureur dès l’entame de la séance à 15h18 a tenu à préciser que le témoin désire garder l’anonymat et de ce fait, sollicite le service de protection des témoins. Il a par ailleurs annoncé la diffusion audiovisuelle de (5) vidéos et de 189 images prises par le témoin au cours de son enquête personnelle.

            Le témoin de l’accusation s’est exprimé par le biais d’un micro dont le son était diffusé à l’intérieur de la salle. Il a affirmé avoir entendu parler de l’accusé entre 2003-2005 dans le cadre d’une attaque dirigée contre les agents de l’OIPR (Office Ivoirien des Parcs et Réserves) dans la forêt classée du Mont Péko. Ce n'est qu’en 2011 qu’il l’a aperçu à la Gendarmerie de Duékoué. Ce dernier se serait vanté auprès de ses hommes en armes des massacres perpétrés la veille sur la population du quartier carrefour de Duékoué en disant : « Aujourd’hui au carrefour, on a éliminé tout le monde, toute velléité de riposte. Les survivants sont allés très loin ». Le témoin poursuit en ajoutant que le camp des FDS a été complètement décimé par les hommes d’Amadé Ourémi. Il a dénombré 266 corps qui ont été par la suite enterrés dans des fosses communes et a tenu à appuyer son récit de photos puis de vidéos qui ont pu être visionnées par toutes les personnes présentes dans la salle. Il ressort en substance sur ses images des corps d’hommes (enfants, jeunes et vieillards) brûlés, tailladés ou fusillés avec des pièces d’identité attestant de leur appartenance à l’ethnie Guéré. Mais on pouvait aussi voir sur ces photos Amadé en compagnie de son armée, des casques bleus de L’ONU, ainsi que de ses épouses.

Continuant sur sa lancée, M. Amani affirme avoir effectué une patrouille dans la forêt du Mont Péko avec les agents de l’OIPR. Ces derniers ont été appréhendés par le groupe d’Amadé qui, arrivé sur les lieux, menaçait de décimer tous ses éléments pour avoir manqué de vigilance en laissant entrer les agents de l’OIPR  entrer dans « sa forêt ». Amadé aurait interpellé les “intrus” en ces termes : « j’ai trop souffert pour avoir cette forêt ; ni vous, ni Loss, ni le président Ouattara ne peut m’enlever d’ici ».

Lorsque la possibilité a été donnée à M.Amadé de se défendre, il a révélé ne pas être le seul responsable des atrocités que l’on tente de lui imputer. Toutefois, il a admis avoir été présent lors des faits mais agissant toujours sous le commandement de “Loss” et de “Coul”. Poursuivant, il a déclaré ceci : « « Appelons tous les responsables de la rébellion et chacun va s’expliquer (…) dans la rébellion il y a deux grands responsables, le Président Gbagbo et le Président Ouattara. ». 

 L’avocate de l’accusé prenant la parole, à la suite de son client, a soulevé une exception de communication en arguant du fait qu’elle n’avait nullement été prévenue de la projection de vidéos et photos en salle d’audience mais également de l’apparition d’un nouveau témoin dont elle ignore absolument l’identité. Argument réfuté par le procureur qui a souligné la présence sur la liste des témoins de ce dernier sous le pseudonyme de Amani Koffi. Aussi, a-t-il ajouté, les photos et vidéos figurent dans le dossier, cela depuis l’instruction.

Le procureur a fait son réquisitoire de fin en soulignant le passage du dernier témoin de l’accusation pour le jeudi 08 Avril 2021.

La séance a pris fin à 18h45 et a été renvoyée au Jeudi 08 Avril 2021 à 13 heures.

L’OIDH félicite le tribunal pour la qualité et la pertinence des nouvelles preuves apportées au dossier dans sa quête approfondie de justice en faveur des victimes des crimes commis à Duékoué en 2011.

Cependant, l’OIDH a constaté que certaines des vidéos diffusées dans la salle d’audience comme preuves à charge étaient en langue Moré. Il était donc impossible pour le juge et toutes les personnes présentes dans la salle de comprendre exactement de quoi il retournait en se fiant uniquement à l’audio. Il serait souhaitable pour les prochaines audiences d’avoir un interprète pour faciliter la compréhension de certaines preuves.

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